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Evolutionnisme et Société    

 

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Aide-mémoire de réflexions rapides et brouillons de futurs articles : les courts textes présentés ici ne sont pas finalisés, mais peuvent servir à provoquer la réflexion.

Le thème général est l'analyse des sociétés actuelles selon la grille de la psychologie évolutionniste. La lecture préalable de : Pourquoi les femmes des riches sont belles : Programmation génétique & compétition sexuelle (Gouillou, Ed. Duculot (Louvain, Belgium), 2003) est requise, ou du moins une bonne connaissance générale du sujet : Axelrod, Buss, Dawkins, Geary, Hrdy...

De nombreux termes utilisés sont expliqués dans le Glossaire Evopsy.


27 mars 2004

Langue française et pauvreté

©Philippe Gouillou - 27 mars 2004 - 11:27
arc20040321.htm#BlogID258

A croire que c'est la langue française qui crée la pauvreté [1] : Polyscopique cite quelques faits sur l'économie et la fiscalité québécoise avec une comparaison avec la province anglophone voisine de l'Ontario.

NOTE :
  1. Bien sûr que j'exagère ! Il y a peut-être cependant un lien : la vision du rôle central de l'état dans les sociétes d'origine Catholique. Comme un état trop important appauvrit un pays, les différences citées par Polyscopique ne surprennent pas. Pour une explication des rapports entre Corrélation et Causalité, voir "Corrélation ne signifie pas causalité" sur Evoweb.

26 mars 2004

Irak : on nous aurait menti ?

©Philippe Gouillou - 26 mars 2004 - 14:09
arc20040321.htm#BlogID257
C'est vraiment bizarre, il semblerait que les Irakiens, sauf les anciens cadres du régime, ne soient pas très reconnaissants envers la France pour ses efforts de sauvegarde du régime meurtrier de Saddam Hussein. Visiblement, ils n'apprécient pas à sa juste valeur l'oeuvre si bienfaisante du "pays des droits de l'homme". Pire : ils osent remettre en question ce qu'écrivent nos champions de l'information objective et sans parti pris. Erik Svane analyse tout cela dans un excellent article : "Les Irakiens se plaignent des journalistes occidentaux". Extrait :
Et quand les Irakiens qui disaient "Nous, Irakiens, pensons que le refus de la France et de l'Allemagne de nous aider, et le départ annoncé de l'Espagne sont une catastrophe" viendront vous demander des comptes, que leur direz-vous? Leur ferez-vous lire les articles, les colonnes, les billets, interminables, sur le "mensonge d'état" de José Maria Aznar? Leur montrerez-vous les 29 titres condamnant le dictateur irakien et son régime pendant la guerre, à côté des 135 blâmant Bush, son administration et son allié anglais? Leur ferez-vous lire vos papiers enfonçant le couteau dans la plaie de chaque péché présumé de la société américaine? Leur distribuerez-leur dix mille copies du papier dans lequel Bertrand Le Gendre assure que "la vision épouvantée de l'Irak [celle véhiculée par Bush] n'est pas fausse, mais", poursuit-il d'une voix rassurante, "elle est sommaire"?


90%

©Philippe Gouillou - 26 mars 2004 - 10:22
arc20040321.htm#BlogID256

Dans "Les gens de Smiley", John Le Carré raconte la fin du combat entre Smiley, chef des services secrets anglais, et Carla, son homologue au XIIIème directoire du KGB, qui lui a déjà pris sa femme et ses amis. Smiley gagne à la fin : grâce à un chantage, Carla se rend, mais cette victoire n'apporte rien d'autre que de l'amertume, c'est une victoire sans éclat, sans la joie qui devrait l'accompagner.

Le plus fantastique dans ce livre est cette prépondérance du doute : on croit souvent que les services de renseignement savent tout, qu'ils ont une vision complète du monde, qu'ils sont les seuls à savoir ce qui s'y passe réellement, mais Smiley navigue dans le brouillard, n'a jamais la moindre certitude, s'inquiète en permanence sur ce que deviennent ses "Joe" (espions infiltrés). Et puis, se bat-il contre Carla l'enemi ou contre Carla qui a poussé sa femme à prendre amant ? Tout se mélange, la vie privée et la vie professionnelle, les informations et les intoxications, Smiley ne sait plus, et le lecteur est entraîné avec lui. Smiley est le plus informé, mais ses connaissances ne font que le faire douter encore plus, elles n'apportent jamais aucune certitude, ne mènent jamais à rien. A la fin il gagne : il aurait pu perdre.

Il y a un peu plus d'un an, dans une guerre mondiale en cours, des dirigeants de nombreux pays du monde ont du faire un choix stratégique : décider de porter ou non bataille à un endroit précis du globe. Pour leur décision, tous ces dirigeants disposaient des informations, plus ou moins valides, de leurs services de renseignement, plus quelques autres informations partagées par d'autres services. La pression a du être forte pour les chefs espions, et je les imagine bien ténaillés comme Smiley : aucune information n'est jamais suffisamment complète, il y a toujours des inconnues, des impondérables. Essayez de prévoir le comportement de votre conjoint dans telle ou telle situation : aurez-vous toujours raison, ou serez-vous surpris parfois ? Essayez maintenant de prévoir la réaction de millions de gens à une situation donnée : aurez-vous toujours raison ? Décideriez-vous de débarquer en normandie le 6 juin 1944 ou choisiriez-vous une autre date ?

La pression a du être forte sur les chefs espions, et les responsables politiques ont du avoir du mal à choisir. Certains ont très probablement utilisé d'autres critères que la simple stratégie de la guerre en cours : pots de vins et autres intérêts financiers ont du parfois avoir leur poids dans le choix final. Mais au delà de ces intérêts autres, comment pouvaient-ils choisir ?.

Dans le livre de John Le Carré, le lecteur est emporté par le doute de Smiley : lui non plus n'a aucune certitude, est perdu, navigue dans le brouillard. C'est ce doute qui fait l'intérêt du livre : ce n'est pas un livre à suspense (Smiley gagne à la fin), mais une étude de caractères, l'histoire d'espionnage n'est rien d'autre qu'un support, le thème du livre c'est l'incertitude. Mais la vie réelle n'est pas comme dans les romans, aussi bien écrits soient-ils. Dans la vie réelle les gens doutent, bien sûr, sont parfois angoissés, inquiets, torturés, peut-être tout autant que l'est Smiley. Mais ça ne doit être que dans leur vie privée :à la place de Smiley, il semble bien que presque personne n'aurait douté. Il s'agit d'une guerre, alors chacun, sans avoir aucune information privilégiée, sans rien savoir des tenants et aboutissants, des contraintes ni des objectifs, chacun sait prendre une décision stratégique avec toute certitude.

Il y a un peu plus d'un an, dans une guerre en cours, des dirigeants de nombreux pays du monde ont du faire un choix stratégique : décider de porter ou non bataille à un endroit précis du globe. La population générale n'avait pas accès aux informations classées secret défense, la population générale ne connaissait rien des contraintes ni des objectifs. Mais la population générale n'était pas atteinte par le doute : 90% ont considéré qu'ils n'avaient pas besoin de ces informations pour savoir ce qu'est un bon choix stratégique.

L'attraction de l'Islamo-Fascisme

©Philippe Gouillou - 26 mars 2004 - 08:49
arc20040321.htm#BlogID255

A lire sur Facts of Israël une interview de Francis Fukyama parue dans le Jerusalem Post.L'idée principale est que l'Islamo-Fascisme n'est rien de plus qu'un "hoquet" de l'histoire : pour qu'une idéologie ait vraiment de l'importance historique, il faut qu'elle soit attractive pour beaucoup. Or, l'intégrisme islamiste, contrairement au communisme au cours du XX° siècle, ne peut attirer qu'une fraction de la population. Dans ce cadre, les démocraties finiront par gagner ("sauf la France" remarque David Melle) même si les temps seront durs d'ici-là, et il ne s'agit pas à proprement parler d'un "clash des civilisations".

Pour ma part, je suis beaucoup plus pessimiste. Tout d'abord, il me semble qu'il ne suffit pas de gagner, mais d'arriver à la victoire en bon état : si l'Occident est obligé de se transformer en prison totalitaire pour éviter les attentats, pourra-t-on parler encore de victoire ? Ensuite, le contraste entre les déclarations de nombreux pays après les attentats du Hamas dont les victimes se comptent par dizaines et celles après l'élimination d'un chef de ce même Hamas montre bien quel camp ont choisi ces pays : les terroristes ont déjà gagné. Enfin, le pouvoir d'attraction de l'islamisme intégriste me parait au contraire important :

  • Le peuple aime les vainqueurs, et l'Occident vient d'envoyer des signes clairs qu'il n'en fait pas partie ;
  • Le fascisme islamiste doit faire beaucoup moins peur à des populations déjà sous la coupe d'autres fascismes qu'aux populations occidentales vivant dans des régimes plus libres ;
  • Les islamo-fascistes ne font qu'appliquer à la lettre le Coran qui est censé être le livre saint inchangeable d'un milliard d'habitants ;
  • La puissance de l'extrême gauche en France montre que n'importe quelle théorie politique, aussi atroce et meurtrière soit-elle, peut attirer tous ceux qui rêvent d'être en meilleure position dans la compétition.

A l'opposé, c'est peut-être la mode qui fera basculer l'Islamisme comme un hoquet de l'histoire : le fait que les générations actuelles mettent en avant le Coran ne signifie en rien que celles de demain feront de même. Bien sûr, les enfants actuels sont conditionnés pour devenir des combattants islamistes, mais ce conditionnement suffira-t-il ? Il y a des chances qu'à un moment donné, la jeunesse se mettra en opposition avec les générations précédentes, et donc rejettera l'intégrisme. Cela ne signifie pas qu'il n'y aura plus de guerres, mais qu'elles se fonderont sur d'autres bases que le Coran. Ce changement de mode sera aussi facilité par le rééquilibrage progressif de la pyramide des âges des pays Arabes (ratio de Mesquida). Enfin, un succès économique de l'Irak aurait aussi un impact important (c'est la stratégie américaine).

Bien sûr, pour que ce basculement puisse se faire sans trop de dégâts, il faudra que l'Islamisme n'ait pas trop acquis de pouvoir d'ici là : la victoire occidentale arrivera sans doute trop tard pour une France si prête à capituler dès maintenant.

24 mars 2004

C'est pas pareil parce que c'est différent

©Philippe Gouillou - 24 mars 2004 - 14:29
arc20040321.htm#BlogID253
Arte Info, ce soir :
  • Après la présentation des funérailles nationales à Madrid, suivent 5 minutes de reportage sur une femme grièvement blessée le 11 mars à Madrid. Elle est rejointe par un ami Marocain et elle explique qu'elle est inquiète parce que les gens vont croire que ce sont des Musulmans qui sont responsables des attentats, alors que pas du tout. En effet, c'est logique : les Marocains sont musulmans, or tous les Marocains ne sont pas des terroristes, donc c'est la faute à Bush, la conclusion s'impose d'elle-même. Et pour ceux qui n'auraient pas compris, Arte Info avait bien expliqué juste avant que ces attentats ne sont dus qu'à l'Irak, c'est-à-dire à Bush, Blair et Aznar.
  • Moins d'une minute pour annoncer que le Président Allemand a annulé son voyage à Djibouti suite à un risque d'attentat. Le présentateur précise bien qu'en visant le président Allemand, "les Islamistes visaient une société occidentale". Les Islamistes ont du confondre l'Allemagne avec les USA, ce sont des choses qui arrivent.

Juste avant, journal de France 3 :
  • L'"assassinat" du leader du Hamas est une grande menace pour la paix, et est condamné par le monde entier, sauf les USA.
  • Bush est sur le grill : la Commission Sénatoriale sur le 11 septembre montre en effet qu'il n'avait pas pris la décision d'"éliminer" Ben Laden aux débuts de son mandat.

23 mars 2004

Administrophobie

©Philippe Gouillou - 23 mars 2004 - 13:42
arc20040321.htm#BlogID252

Trouble envahissant de la personnalité ayant un impact sur la volonté d'entreprendre du sujet. Dans les cas les plus graves, le sujet peut connaître des hallucinations de type anti-social à même de remettre en cause son insertion dans la société (difficulté de compréhension de l'importance du Service Public, etc.)

DEFINITION :

A. Au moins deux des symptômes suivants ont été présents pendant un contact avec un membre de l'administration et représentent un changement par rapport au fonctionnement précédent :
  • Impression de perte de temps et/ou sentiment d'inutilité ;
  • Accès majeur de découragement et/ou pessimisme et/ou énervement ;
  • Intuition que le seul objectif de beaucoup de procédures administratives est de justifier le salaire des agents de la fonction publique ;
  • Humeur dépressive.

B. Ces sentiments et impressions ne sont pas nécessairement exprimés.
EXEMPLES :
Le sujet ressent un énervement quand après avoir passé une matinée à attendre pour pouvoir obtenir les papiers exigés par un service, il apprend d'un autre service qu'il aurait dû comprendre de lui-même que cette démarche ne s'applique pas à son cas.

Le sujet ressent une impression de découragement quand trois appels successifs pour demander quels sont les papiers requis pour une formalité ont amené trois réponses différentes non compatibles, dont deux provenant du même agent de la fonction publique.
REPARTITION :
Cette pathologie est beaucoup plus fréquente chez les personnes du secteur privé. La fréquence au sein de la population générale dépend directement de l'importance du secteur public dans le pays.
TRAITEMENT :
Cette pathologie est 100% d'origine biologique et nécessite un traitement médicamenteux fortement dosé :
  • Anti-dépresseur de type SSRI ;
  • Anxiolytique (les doses doivent être doublées pendant les deux semaines entourant tout contact avec un agent de la fonction publique)
Un suivi comportementalo-cognitiviste en camp étatique de redressement est conseillé.


21 mars 2004

Irak, un an après

©Philippe Gouillou - 21 mars 2004 - 12:37
arc20040321.htm#BlogID250

Je ne me souviens plus quel ministre d'un pays pauvre d'Afrique avait proposé que son pays déclare la guerre aux USA : avec un peu de chances ces derniers attaqueraient, gagneraient immédiatement (après quelques escarmouches pour faire vrai)... et paieraient la reconstruction. Et bien, à l'exact opposé de ce que raconte la presse Française, ce qui a été réalisé par la coalition en Irak en un an seulement (temps de dépose du dictateur compris) montre que son idée était bonne : Fox News "Raw Data: U.S. Lists War Accomplishments"

J'ai extrait ce lien d'un excellent post de Polyscopique : "Irak, un an après" qui contient beaucoup d'autres liens, tout aussi intéressants. A lire !

Faut-il interdire aux femmes belles de se montrer ?

©Philippe Gouillou - 21 mars 2004 - 10:57
arc20040321.htm#BlogID249

Une "campagne gouvernementale visant 'à préserver les bonnes moeurs'" (Yahoo! FR) fait du bruit en Tunisie. Il semble (je n'ai pas l'information précise) qu'il soit maintenant interdit aux femmes de porter des pantalons taille-basse, ou moulants. Je n'ai entendu parler de cette campagne que par ouï-dire, et ne peut donc en préciser les termes ni son application. Mais ce qui m'intéresse ici, c'est le commentaire à son propos, fréquemment entendu :

"C'est peut-être pas plus mal : les Tunisiennes sont souvent grosses, et elles étalent leur graisse. Au moins, on ne verra plus les ventres déborder par dessus les pantalons."
Il y a quelques années, en France, j'avais entendu quelqu'un demander qu'on interdise les plages aux moches. Moins dictatorial, j'ai lu plusieurs articles qui considéraient les camps naturistes comme "le royaume des moches" : manière discrète de les condamner moralement. En fait, c'est une opinion assez commune que seulement certaines personnes, les mieux physiquement, devraient pouvoir s'exposer, les autres devant se cacher, et la loi devant y aider si ces "horreurs" n'ont pas "suffisamment honte" par elles-mêmes. Opinion commune, mais qui pose beaucoup de problèmes, aussi je proposerais plutôt l'inverse.

Tout d'abord il faudrait définir quels sont ces critères de beauté nécessaires et suffisants pour obtenir le droit de sortir : l'évopsy a montré que la quantité de graisse préférée est très marquée culturellement, elle n'est pas un critère de beauté universelle (c'est le "WHR" (Ratio Taille/Hanche) qui compte). En Tunisie, par exemple, j'ai vu basculer la mode de la grosseur (les jeunes femmes prenaient des pilules pour grossir) à la minceur type occidentale, et cela en moins de quatre ans [1]. Cette même évolution s'est passée en Occident. Et nous ne parlons que de la mode, c'est-à-dire de la tendance générale : les préférences de chacun sont infinies. L'état devra-t-il "prendre ses responsabilités" [2] pour imposer ces critères ? Aurait-on du interdire à Rubens de peindre ?

Il faut ensuite s'interroger sur les motivations qu'ont chacune des femmes de s'habiller d'une façon ou d'une autre. Il y a la correspondance à la culture locale : j'ai lu que dans certaines régions d'Afrique Noire, les femmes ne peuvent décemment sortir la tête découverte... mais sont seins nus en permanence. L'habillement est un message : on ne peut "juger un livre sur sa couverture", mais une robe du soir aura un impact différent qu'un jean-T-shirt-déchirés. Un client, toujours assez débraillé, s'était un jour plaint devant moi des commerciaux qui ne mettaient plus de cravatte : chaque métier, selon lui, avait un habillement obligatoire. Il y a aussi le comfort : par 45°C à l'ombre, le trois-pièces gris anthracite constitue une pression sélective à lui tout seul : peu le supporteront. Il y a enfin la volonté de séduction, plus ou moins importante selon les circonstances, et la compétition avec les pairs. Un reportage de Jérôme Sesquin passé en février dans E=M6 [3] s'intéressait aux "Lolitas", ces filles pré-pubères qui s'habillent de manière hyper-sexy. La conclusion en était qu'il ne s'agissait pas du tout de séduire les hommes (même si certains pouvaient se l'imaginer), mais de se positionner au sein du groupe de pairs : la compétition sexuelle commence très très jeune, et le peck-order y a une importance prépondérante. A un âge plus avancé, cette compétition au sein des pairs existe toujours et n'a pas pour objectif que la chasse aux hommes : Dave Geary cite dans "Hommes, Femmes" de nombreuses études qui montrent qu'au cours des temps le rang d'une femme a eû un impact sur la qualité de la nourriture dont elle pouvait disposer, pour elle et ses enfants. Il y a également plein d'autres critères qui interviennent : une femme moins belle qu'une autre pourra avoir intérêt à compenser par son coté sexy, une femme ne s'habillera pas de la même manière en fonction de sa position dans le cycle menstruel (plus sexy en période de fécondité), etc. Mais on peut grossièrement synthétiser en disant qu'une femme s'habillera de telle ou telle façon en fonction de la culture locale, des importances respective qu'elle accorde sur le moment au confort, à la séduction, et à la compétition intra-sexe, et bien sûr des vêtements dont elle dispose.

Imaginons-nous dans un pays où l'état "a su prendre ses responsabilités", c'est-à-dire que seule les femmes ayant un niveau de beauté supérieur à un certain niveau ont le droit de se montrer à la plage. Qui y gagne et qui y perd ?

La première réponse est bien sûr de dire que les hommes y gagnent (ils ne voient que des beautés) et que de nombreuses femmes y perdent (celles qui sont rejetées), tandis que d'autres y gagnent (les sélectionnées). Mais tous les hommes y gagnent-ils ? Non, bien sûr : il y a tous les hommes mariés qui ne peuvent plus aller à la plage avec leur femme vieillie par les grossesses, il y a aussi tous les hommes qui n'ont pas les moyens d'aborder les femmes les plus belles, et qui ont perdu un endroit où rencontrer celles à leur portée, et il y a enfin une plus grande compétition entre les hommes pour essayer d'obtenir une femme admise. De même, la compétition entre les femmes admises se trouve augmentée : elles ont plus d'hommes à leur disposition, mais elles ne peuvent plus se servir des moins bien dotées comme faire valoir [4]. Globalement la création de deux classes à la frontière étanche ne fait qu'augmenter les tensions.

Bien sûr, une telle solution aussi dictatoriale n'est pas celle généralement prônée. La plupart préféreront mettre en place des "limites" qui s'appliqueront à toutes, indépendamment du niveau de beauté. La référence se fait alors sur des critères culturels qui deviennent subitement "universaux" comme la "décence" et la "pudeur" [5]. Et là on trouve beaucoup de femmes prêtes à défendre ces mesures (Evopsy, Evoweb). Qu'y gagnent-elles ? Une très forte réduction de la concurrence. Un homme est très visuel, et il pourrait très facilement être excité par la vue de formes indiquant une bonne fertilité. Il pourrait aussi comparer sa compagne avec d'autres femmes (par exemple les modèles en photo sur les affiches), et, horreur!, comprendre qu'il y a mieux ailleurs. Un bon code strict de décence, et l'homme aura moins d'opportunités de voir comment sont faites les autres femmes. Le problème cependant, est qu'un code de décence n'est jamais assez strict, sauf peut-être la burka, qui elle détruit toutes les chances de séduire et interdit la rencontre du Prince Charmant. Comment faire ?

Et bien on pourrait étudier la solution opposée à celles proposées jusqu'ici : interdire aux femmes belles de sortir. L'état "prendrait ses responsabilités" en imposant des critères maximums de beauté pour être libre, et les hommes ne croiseraient dans la rue que des femmes moyennes, peu à même de déclencher ses pulsions. Et toutes les femmes y gagneraient : les laides y gagneraient une facilité accrue pour approcher les hommes, étant les seules visibles elles ne pourraient être comparées, tandis que celles enfermées gagneraient une reconnaissance officielle, monnayable, de leur beauté !

Absurde ? Oui, bien sûr. Mais vous trouvez vraiment que cette proposition est éloignée de celle qu'on entend souvent demandant que les tops models des magazines ressemblent plus aux femmes moyennes ?


  1. En 2001, une femme médecin avait conseillé à une Tunisienne répondant aux critères de beauté occidentaux de prendre de telles pilules : "Les Tunisiens préfèrent les femmes bien en chair, ils ne voudront jamais de vous comme cela !" Puis, avec un ton très méprisant : "A moins que vous ne vouliez vous contenter d'un dhimmi..."
  2. Chirac, à propos de l'obligation de parité hommes/femmes à tous les niveaux de la hiérarchie des entreprises privées.
  3. On voit souvent deux femmes ensemble, l'une belle, l'autre nettement moins. C'est un accord win-win : la moins belle sert de faire-valoir à l'autre, mais en contrepartie bénéficie de son accès facilité aux hommes.
  4. Emission de vulgarisation scientifique à succès, ciblant les jeunes, de la chaîne de TV française M6
  5. Bizarrement, alors même que les notions de pudeur et de décence montrent une forte variation entre les cultures (du simple pagne en coco au hijab, par exemple), à chaque fois elles sont présentées comme des critères indiscutables.

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